Labo#8 : CABARET(S), arts bâtards et stratégies de débordement
- du 30 novembre au 4 décembre 2026
- Théâtre la Balsamine, Av. Félix Marchal 1, 1030 Schaerbeek
- Massie Mucedda (aka Blanket La Goulue) & Sara Selma Dolorès
- 10h - 17h
LABO= Espace indiscipliné de la Curieuse
Bienvenue au labo, un territoire d’exploration artistique qui repousse les frontières de l’interdisciplinarité pour créer un espace véritablement indiscipliné!
Le concept est simple : La Curieuse joue les entremetteuses artistiques, réunissant deux artistes de la scène qui n’ont jamais travaillé ensemble auparavant, mais dont les démarches créatives résonnent de manière unique. Ces duos éphémères invitent 14 autres artistes à plonger dans un processus de recherche commune pendant 5 journées.
Chercher, c’est prendre le risque de passer à l’action, d’entrer par une brèche et de ne pas connaître la piste qui sera poursuivie. C’est connecter des strates de pensées, de corps, de lieux et inventer de nouveaux jaillissements de jeu.
Si tu viens au labo, c’est pour :
- Un espace de liberté créative hors des productions normatives.
- Une opportunité de rencontrer et de collaborer avec des artistes aux parcours singuliers.
- Un incubateur d’idées novatrices et de pratiques expérimentales.
- Un temps pour interroger les biais de ta propre pratique artistique.
- Un lieu où l’audace et la vulnérabilité sont de mèches.
Willkommen, Bienvenue Curieuxse!
C’est une joie d’avoir proposé à ces deux là de tisser ensemble leurs univers et engagements politiques au sein du prochain labo de La Curieuse.
Massie Mucedda / Blanket La Goulue et Sara Selma Dolorès n’ont jamais créé ensemble pourtant ielles se connaissent depuis longtemps.
Ce labo devient alors leur terrain d’expérimentations pour s’apprivoiser et tisser : d’un côté le drag et le stand-up queer, esthétiques trash-chic qui « wokifient » le cabaret ; de l’autre la bouffonnerie et le cabaret-théâtre de rue, art du ridicule assumé et de l’adresse frontale, art de la night.
Bienvenue si tu aimes voyager et sauter dans le vide!
Explore avec Sara Selma et Massie ton endroit de contraste et de liberté dans la petite chambre du cabaret* (empr. au m. néerl. cabaret (caberet, cabret) « auberge, cabaret, restaurant à bon marché », Verdam, forme dénasalisée de cambret (aussi cameret, camerret) « id. », ibid., lui-même empr. à l’a. pic. camberete « petite chambre »corresp. à chambrette*.)
Du clown·e (joueur·euse amorale), en passant par le bouffon, (joueur·euse immoral) au drag dégenré, voir dégénéré, ielles te proposent de penser la créature comme mascarade, c’est à dire comme multiplication des identités agissantes.
Vous n’êtes pas seul·es !
*Sara Selma Dolores
Sara Selma Dolorès est encore une autre. Les sujets qu’elle aborde appartiennent plus volontiers au domaine de la Nuit qu’à celui du Jour, à la chanson populaire plutôt qu’à l’harmonie, aux traditions orales plutôt qu’au répertoire. Son travail agite les espaces publics, non-dédiés, tiers-lieux, bistroquets et autres cabarets à travelottes. Elle est la fille de sa ville, Bruxelles : bâtarde et perpétuellement en crise.
Directrice artistique de la Cie Thank you for Coming , diplômée de l’École de Théâtre Serge Martin (CH), elle est active en FWB depuis 2011. Pour l’espace public, elle signe Boudin & Chansons, Les Ogres, Finis ton assiette et Soulographie.
Sa dernière création, Rire (pour en finir avec soi-même), a vu le jour en novembre25 à la Balsamine, où elle pousse plus avant l’art de la bouffonnerie. Elle a encadré les travaux pratiques en espace public des étudiant·es du Conservatoire de Liège et de l’École supérieure des Arts du Cirque, et a assisté Cédric Paga (Ludor Citrik) lors de nombreux stages d’exploration bouffonnesque et clownesque.
*Massie Mucceda
Massie Mucedda aka Blanket La Goulue est un·e artiste de cabaret et maîtresse de cérémonie active sur la scène drag belge. Iel s’est formé·e au sein du collectif queer Not Allowed , famille choisie qui lui a appris à performer et à s’affirmer. Après des tournées entre squats et lieux alternatifs, iel arrive sur les scènes institutionnelles avec l’envie de célébrer, secouer et « wokifier » le cabaret. Iel croit aux passerelles entre cabaret et théâtre, aux esthétiques mêlant trash queer et chic.
En 2022, iel co-crée « Playback », cabaret itinérant et politisé. Puis en 2024, « Chauv·e », seul·e en scène de stand-up drag, tendre et irrévérencieux. Iel anime également des ateliers réguliers (maquillage, performance, écriture, persona) — notamment avec Oui CAS et Brussels Arts and Pole.
Entrées multiples dans la pratique:
« Comme les choses nous échappent, feignons d’en être responsables… » Cocteau
- Improvisation et activation du corps grotesque, carnavalesque, au-delà des normes de maîtrise : duos de lipsync dos à dos, équilibres de plateau qui basculent en jeux de stéréotypes.
- Prise de micro, confidences , adresse frontale au public.
- La musique de la langue. Les sonorités du dire, les niveaux de langage: les figures de style, le burlesque ou comment les états de la parole provoquent l’écriture en direct.
- Détournement de matériaux populaires: la parodie comme pied de nez politique. Le travestissement trivial, le plaisant et le satirique.
- Les instances du jeu: l’auteur, l’acteur, le joueur, le personnage, le metteur en scène,…
- Les dramaturgies restreintes et générales
- Brainstorm collectif autour d’une idée de performance: chacun·e prototype, présente, récolte les retours, réajuste.
- Temps de retours collectifs : on rit avec, jamais contre!
Ce qui tu vas explorer
- Faire du cabaret un lieu de débordement : être trop maquillé·e, trop bruyant·e, trop sincère, trop vulgaire, pour fissurer les normes de genre, de classe et de respectabilité
- Détourner la culture populaire jusqu’à ce qu’elle révèle ce qu’elle cache de violence, de désir et de puissance collective
- Faire du rire un outil de lutte, capable de désarmer les discours moralisateurs et de transformer honte ou vulnérabilité en puissance collective
- Renforcer sa présence scénique et son adresse au public par le travail du micro et du rapport frontal
- Prototyper une créature de la nuit: la tester, la rater, la réajuster, la présenter; plutôt que de viser un numéro « fini » dès le premier essai.
Les mots qui nous guideront
cabaret – bâtard – débordement – drag – bouffonnerie – grotesque – micro – parodie – puissance – rire – puissance collective – clown- conflit
Pour se situer, on traverse la petite histoire de ce Grand Art Mineur, des goguettes populaires aux revues embourgeoisées en passant pas sa mainstreamisation drag·racesque.
Comment la petite chambre pousse les murs et explose les hiérarchies esthétiques ?
Puis, par la danse, le tease, le ringard et la grivoiserie, le travail se déploie en laboratoires collectifs.
Entre Nuit, trouble des genres et métamorphoses, il s’agira d’explorer ce que la nuit autorise encore (ou arrache.).
La fête y apparaîtra à la fois marchandise et rituel, sacrilège carnavalesque et tentative de sacré.
Puis, le stage s’ouvre à des solos, véritables prises de risque au plateau où l’écriture surgit tantôt à chaud, tantôt préméditée.
Pour rester fidèle à cette esthétique du fragment, nous explorerons des formes courtes, surgissements, numéros.
Nous essayerons de vous guider, non pas avec des paroles parlées, mais des paroles parlantes.
Pas une forma formata mais une forma formans.
Pas une forme formée, mais une forme formante.
Ne pas demander un geste mais l’appeler avec une parole qui devra trouver les moyens heuristiques –
suggestion, induction-surprise pour le faire advenir.
Métaphore = métaphore = transport.
Sara Selma
Participation financière
- 450€ pour les artistes qui sont structurés en compagnie/asbl et qui reçoivent un subside type contrat ou contrat-programme.
- Prise en charge totale du coût de la formation via les conditions du fonds 304.
- En fonction de vos revenus entre 250€ et 450€ pour les artistes professionnels qui ne sont pas en compagnie subsidiée par la FWB. Possibilité d’étalement en plusieurs fois.
Prérequis :
La formation s’adresse à 14 artistes professionnel·le·s de la scène souhaitant développer de nouveaux outils : tu peux venir de la danse, des arts de la rue, du jeune public, du théâtre adulte, tu es attendu·e·x.
Pour participer, les artistes doivent :
- être domicilié·es en FWB ;
- avoir une pratique professionnelle d’au moins deux ans dans les espaces de représentation en Wallonie et à Bruxelles.